LBO

L'opération de LBO (Leverage Buy Out – reprise avec effet de levier) est un montage financier permettant à des investisseurs de racheter une entreprise par le biais de l'endettement. L'avantage pour l'investisseur est de n'apporter qu'une partie des fonds nécessaires (en général un tiers) et de se procurer le solde à l'aide d'un emprunt.
Le montage de LBO passe par la création d'une société holding. C'est elle qui souscrit l'emprunt. Ses fonds propres sont constitués des capitaux investis par la société de capital transmission. Avec les fonds ainsi levés, cette holding rachète l'entreprise cible.
La société rachetée verse des dividendes à la holding qui peut ainsi rembourser sa dette, majorée des intérêts, à sa banque, mais minorée de l'impôt car les opérations de LBO sont défiscalisées. Pour les investisseurs, ce montage présente l'avantage de dégager une plus grande rentabilité que s'ils n'avaient pas recours à la dette. C'est l'effet dit de "levier financier".

Tous les secteurs économiques sont concernés par les LBO, pourvu que les entreprises cibles, celles qui sont cotées comme les grandes PME, aient un fort potentiel de croissance et une bonne stabilité. Dans le cas contraire, l'effet de levier joue en sens inverse.
La multiplication des OPA, les cas d'entreprises patrimoniales dont le dirigeant-créateur souhaite se désengager, mais aussi l'exemple de plus en plus fréquent de groupes qui décident de se séparer de l'une de leurs filiales pour se recentrer sur leur cœur de métier, ont contribué au développement des LBO. Depuis 2002, le nombre de LBO n'a cessé d'augmenter en France. On estime à 1 600 le nombre d'entreprises françaises sous LBO.

Plusieurs formules permettent de décliner le LBO :
- LMBO (Leverage Management Buy Out), quand l'opération est menée par les managers de l'entreprise.
- LMBI (Leverage Management Buy In), quand l'opération est menée par le futur dirigeant venant de l'extérieur de l'entreprise.

Le fonds de capital transmission n'a pas pour vocation de rester indéfiniment actionnaire de la société acquise. Le temps de détention moyen varie de trois à cinq ans. Le principal problème des montages de LBO réside donc dans la stratégie court-termiste de l'investisseur et les risques accrus de spéculation financière.
De plus, si la dette LBO permet à l’entreprise de financer sa propre acquisition, cette opération détourne la création de valeur de la firme vers les apporteurs de fonds propres et appauvrit la société en obérant une partie de sa trésorerie nécessaire au remboursement.

Pour en savoir plus, cliquez ici

Publié dans Lexique | Lien permanent