Subprime (crise des)

Les "subprime mortgage" sont des crédits immobiliers garantis par hypothèque et bénéficiant de taux initiaux très faibles de l'ordre de 1 à 2 % pendant 1 à 2 ans. Ces taux se transforment ensuite en taux variables correspondant au taux du marché, auquel on ajoute une prime de risque selon le profil de l'acquéreur. La remontée des taux d'intérêt (le taux de la Réserve Fédérale américaine est passé de passé de 1 % en 2004 à 5,25 % en 2007) a eu pour effet de faire flamber les mensualités de ces emprunteurs. Tant que le marché américain affichait sa bonne santé, on pouvait simplement revendre en réalisant une belle plus-value. Le retournement du marché, au contraire, a mis 1 à 3 millions de ménages américains dans une situation très difficile.

Ce qui explique la mondialisation d'une crise pourtant a priori localisée aux Etats-Unis, c'est la technique financière de la titrisation. Elle permet aux banques de se délester d'une partie du risque en vendant ces créances par petits morceaux, et en répartissant par la même occasion le risque entre plusieurs opérateurs. Le système fonctionne tant que la garantie immobilière est solide. C'est donc par un effet domino que tous les produits de titrisation ont été touchés et que la crise de confiance s'est propagée.

Les retraits en masse de la part des souscripteurs désireux de récupérer leurs fonds ont généré une crise de liquidité sur le marché : beaucoup d'offres (pour revendre les titres) mais aucune demande (pour les racheter). Dans le même temps, la défiance ayant gagné les banques, celles qui étaient en difficulté n'ont pas réussi à se refinancer auprès de leurs homologues. C'est pourquoi les banques centrales, aux Etats-Unis comme en Grande Bretagne, ou encore en Europe où la BCE a injecté 95 milliards d'euros sur les marchés financiers (plus qu'après le 11 septembre 2001), ont été obligé d'intervenir.

Le marché français ne se trouve pas dans la même configuration que les Etats-Unis puisque près de 80 % des prêts sont souscrits à taux fixes. Et il ne s'agit pas d'un marché spéculatif. Cependant, certains experts jugent que les prix sont arrivés aujourd'hui à des niveaux qui ne sont pas raisonnables et que cette crise devrait conduire à un peu plus de discernement dans l'appréciation du risque.

Publié dans Lexique | Lien permanent