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29/03/2011
Toujours plus d’abstention ?
(A propos des cantonales 2011)
On a pu entendre ces dernières années la thèse philosophique selon laquelle notre société allait inévitablement passer à une séquence historique dite «post démocratique».
Autrement dit, la démocratie aurait montré ses limites et on irait donc vers l’émergence d’un système de valeur donnant une place dominante, non aux « élections démocratiques », mais davantage à l’affirmation d’un modèle transversal fondé sur le leadership hyper-médiatisé et la prééminence des réseaux sociaux générateurs de «pensée unique».
La montée inéluctable du taux d’abstention d’une élection à l’autre pourrait conduire à penser que ce processus serait enclenché ; voire même arrivé à un point de non retour.
Les cantonales 2011 illustreraient de ce point de vue la marche en avant vers le «post-démocratique »… (seulement 44% de votants !)
Personnellement, je ne suis pas convaincu par cette explication très «philosophique» de l’abstention des 20 et 27 mars 2011.
L’explication est me semble-t-il plus pragmatique. Pour avoir rencontré de très nombreux électeurs (potentiels !) dans les divers «porte à porte» de la campagne, j’ai le sentiment que le raisonnement du citoyen est plus que jamais guidé par l’intérêt personnel immédiat ; «qu’allez-vous faire pour moi, mon pouvoir d’achat, ma sécurité, l’emploi de mon fils, etc.… ?».
A partir du moment où le plus grand flou règne sur la capacité des élus à améliorer très vite le sort de chaque individu, (et c’est inévitablement le cas en période de crise économique et financière), beaucoup d’électeurs gagnés par le «court-termisme» préfèrent s’adonner à l’abstention !
L’enjeu est donc des plus simples : redonner de l’espoir aux «citoyens-électeurs».
Ce sera l’enjeu fondamental de la présidentielle 2012.
Si la crédibilité du projet politique présidentiel permet d’ôter le doute chez les électeurs, la période «post-démocratie» pourra attendre !
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Cantonales 2011 : La décentralisation en danger
Les élections cantonales 2011 n’ont pas été bien fameuses pour les partis soutenant Nicolas SARKOZY. Pour autant, le gouvernement pourra tirer argument des résultats, tout particulièrement de l’abstention pour légitimer sa volonté de réforme territoriale. Chacun sait que la fameuse réforme territoriale initiée en 2009, a vocation à terme à supprimer les Départements. Dans l’immédiat, il s’agit de supprimer les conseillers généraux en 2014 en créant le « conseiller territorial ». Mais au bout de quelques années, il est vraisemblable que les Départements ne disposeront plus que d’une administration « secondaire » au service de l’administration régionale et davantage dépendante du Préfet.
Si les électeurs boudent le scrutin cantonal, CQFD ! Car c’est bien le Département qui est visé l’on pourra légitimement le supprimer.
Mais ne nous trompons pas, si cette réforme territoriale est appliquée, c’est bien l’esprit de la décentralisation de 1981/1982 qui est remis en question. On voulait à l’époque apporter le pouvoir au plus près du citoyen. On voulait à l’époque enlever la tutelle du Préfet sur le Président du Conseil général et de la même façon, libérer le Maire des injonctions du Sous-préfet. Il s’agissait de donner de la responsabilité aux élus locaux. Ceci a nécessité que des moyens financiers soient mis à la disposition des collectivités, ce qui a été fait par différentes réformes financières et fiscales au cours des vingt cinq dernières années.
Avec SARKOZY et son administration parisienne centralisée on voit bien qu’il a aujourd’hui volonté très nette de recentralisation, de réduire les moyens d’action pour les élus de proximité, de permettre à nouveau à PARIS et son administration centrale de tirer toutes les ficelles.
La faible participation des cantonales peut faire craindre que ce scenario centralisé voulu par la haute administration parisienne soit conduit à son terme et aboutisse donc un jour ou l’autre à la suppression pure et simple des Départements.
Pas sûr qu’un tel éloignement du pouvoir de décision des citoyens et des territoires départementaux soit source de réconciliation des électeurs avec la politique. Bien au contraire !
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